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Loi du 11 février 2005
Présentation
L’Unisda (Union nationale pour l’Insertion Sociale du Déficient Auditif) fédère les principales associations représentatives des publics de personnes sourdes ou malentendantes qui (...)
 
 
Dernière mise à jour :
6 juin 2018


 

Conditions d’une scolarisation réussie en cas de surdité

1. Conditions d’une scolarisation réussie en cas de surdité

- L’enseignement doit être prévu dans la langue de communication choisie par la famille en amont de la scolarisation : langue française orale (rendue accessible) ou LSF.
- Le parcours de formation proposé doit être individualisé, respectueux du choix linguistique et cohérent.
- Il doit garantir l’accès  la langue écrite pour tous.

1-1 Le choix d’une langue de communication et d’enseignement

La langue choisie doit pouvoir être assimilée de façon précoce dans toutes ses composantes syntaxique et lexicale, en amont de la scolarisation. Cette clause doit être considérée comme une priorité : elle conditionne en effet l’accès  une pensée conceptuelle et logique sans laquelle aucun apprentissage ne peut être mené efficacement. Elle induit l’utilisation précoce dans l’environnement du jeune enfant d’une langue structurée, signée ou parlée (avec nécessité en ce cas de la rendre accessible).

Cela suppose information rigoureuse et impartiale, puis formation des parents qui doivent acquérir  ce niveau toutes les compétences nécessaires.

De ce point de vue, si les premières communications avec l’enfant sourd se doivent d’être multi sensorielles, les familles doivent dès que possible être informées de l’importance d’une communication linguistique, c’est- -dire l’utilisation d’une langue structurée.

La mise en accessibilité de la langue parlée peut s’appuyer sur des solutions techniques ou médicales (appareillages et implants cochléaires). Les limites imposées cependant par ce type de réponse sont connues et doivent être portées  la connaissance des parents avec précision. Dès lors, la voie de réception visuelle par l’enfant sourd doit être utilisée, parallèlement  la réception auditive. Dans ce cadre, la Langue française parlée complétée (LPC) doit être proposée comme un complément possible.

La LPC n’est pas un simple outil pédagogique qui relèverait du seul choix des professionnels. Les familles qui l’utilisent s’inscrivent dans un schéma linguistique spécifique qui permet  l’enfant sourd une réception audio visuelle complète de la langue française parlée. Selon sa capacité auditive et les situations vécues plus ou moins favorables  son utilisation, il privilégiera l’une ou l’autre des voies sensorielles de réception. Si la LPC n’est pas « une langue  part entière  », c’est parce qu’elle est « la langue française orale mise en accessibilité visuelle  », comme l’écriture braille représente la langue française écrite mise en accessibilité tactile pour les personnes aveugles.

La langue des signes française (LSF) permet  l’enfant sourd de suivre le processus normal d’acquisition du langage, dans une langue qui lui est directement et entièrement accessible, sous réserve de bénéficier d’un environnement riche de communication et de stimulation en langue des signes. Dans le cas de parents sourds signants, cet environnement est naturellement assuré. Dans le cas de parents entendants, cela suppose qu’ils bénéficient d’une formation  la LSF, adaptée  la fois en termes d’accessibilité et de contenu. Ayant acquis une langue structurée, l’enfant sourd pourra apprendre la langue française sous sa forme écrite, langue qui prendra une place de plus en plus importante au cours de la scolarisation, permettant ainsi  l’enfant de devenir bilingue.

1-2 Un parcours de formation cohérent

La loi de 2005 a reconnu trois « dispositifs de communication adaptée  » autorisant l’accessibilité des adultes sourds  la vie sociale et citoyenne (article 78) : interprétariat LSF, codage LPC, transcription écrite. Ces trois dispositifs sont également reconnus et financés dans le cadre de l’enseignement post bac, par le ministère de l’Education nationale et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Un parcours de formation cohérent doit donc prévoir la mise en accessibilité des classes d’enseignement de la maternelle au lycée, selon la même logique, par l’utilisation
- de la LSF et du français écrit ;
- de la langue française orale et écrite qui peut être complétée par le code LPC, selon les choix et les besoins.

Aujourd’hui, les droits de l’enfant sourd  ce niveau ne sont ni totalement reconnus, ni garantis avant l’entrée dans l’enseignement supérieur ou la vie professionnelle. Pour autant, l’enfant ne devient pas sourd  18 ans ! Les « dispositifs de communication adaptée  » n’ont de sens que si le contexte éducatif permet leur utilisation dès le début de la scolarisation.

Les différents parcours possibles s’inscrivent également dans un cadre législatif qu’ils doivent respecter. Elles doivent en particulier prendre en compte :
- le droit d’accès  une classe ordinaire, dont une classe de l’établissement d’enseignement de secteur lorsqu’il n’existe aucune impossibilité ;
- le droit d’accès  des dispositifs collectifs d’élèves sourds, dans le cas de la communication en LSF, selon un maillage raisonnable du territoire, variable suivant le niveau scolaire ;
- la diversité des besoins individuels et les orientations notifiées dans le PPS de chaque élève.

1-3 L’accès  la langue écrite pour tous

Les mesures envisagées s’inscrivent dans une perspective de lutte contre l’illettrisme. Elles doivent donc s’appuyer sur des propositions linguistiques rigoureuses : LSF et Langue française ne peuvent être valablement transmises en situation d’enseignement par l’usage du français signé, qui n’épouse aucune structure de langue et présente vite dans la communication tous les symptômes d’un sur-handicap.

La mise en lien exclusive de l’illettrisme avec la seule problématique d’analyse phonologique de la langue parlée par l’enfant sourd est un point de vue réducteur. La « quasi-impossibilité d’accès  la correspondance grapho-phonétique  », affirmée dans la circulaire « Pass  » de mai 2010 n’est pas confortée par les observations de terrain. Le principal obstacle  la maîtrise de la langue écrite est plus vraisemblablement l’insuffisance des acquis préalables dans le domaine d’une langue orale (définie ici comme une langue parlée ou signée). Les difficultés majeures se situent le plus souvent au niveau de la compréhension de textes dont le niveau de langue est en grand décalage avec les capacités linguistiques de certains élèves sourds.

La lutte contre l’illettrisme doit donc s’appuyer en priorité sur la qualité des échanges linguistiques premiers.

Les modes d’apprentissage seront ensuite diversifiés selon les projets individuels. L’utilisation de la LPC dans ce contexte favorise un « apprentissage ordinaire  », le code induisant une analyse syllabique et phonologique précise et autorisant parallèlement le plein accès  la connaissance lexicale et structurelle de la langue française. Dans le cas de la communication en langue des signes, une approche spécifique est utilisée s’appuyant sur vingt années d’expérimentation en classes bilingues ; la langue des signes est utilisée pour accéder au sens de l’écrit ou mettre en œuvre une approche contrastive et pour analyser le texte et les particularités du français, la langue des signes ayant alors un rôle métalinguistique.


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