ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
4% des sourds et malentendants accèdent aux études supérieures
De même, l’accès à l’enseignement supérieur reste aujourd’hui encore particulièrement difficile pour bon nombre d’étudiants sourds, malgré la forte volonté politique d’avancer.
Le Plan handicap auditif 2010-2012 prévoyait de renforcer l’accès des jeunes sourds à l’enseignement supérieur. La mesure 20 a permis notamment de rendre publique la liste des établissements d’enseignement supérieur accessibles aux personnes sourdes et malentendantes avec une mise à jour régulièrement (cf le site Handi U). La mesure 23 qui vise à mettre en place une vraie politique de mise en accessibilité des formations (recours à des interprètes en LSF, équipement en boucles magnétiques, mise à disposition de supports écrits, de tutorat, recours à des interprètes) n’est pas totalement appliquée.
En 2011, la Charte Universités & Handicap devait être revue et la mise en œuvre de l’article 20 de la loi Handicap – accessibilité des établissements d’enseignement supérieur, devait conduire à l’émergence de nouvelles technologies dont l’interprétation en LSF et la transcription écrite à distance de cours magistraux et de modules de formation. Des initiatives ont vu le jour comme à l’école supérieure d’architecture de Marseille (ESBAM maintenant nommée ESDAMM) qui a renforcé l’accessibilité de ses cours aux personnes sourdes ou malentendantes, mais elles restent encore trop souvent isolées.
Aujourd’hui, nous constatons que les difficultés résident dans la reconnaissance des besoins auprès des écoles et universités, le manque de moyens de ces établissements supérieurs pour la mise en place d’une totale accessibilité et le manque réel du nombre de professionnels de la communication adaptée (cf fiches Métiers).
Les besoins des étudiants sourds doivent être davantage considérés en termes d’accessibilité collective qu’en termes de compensation individuelle. C’est pourquoi nous insistons pour que les pouvoirs publics conduisent des expérimentations sur certains sites d’enseignement supérieur avec l’objectif de proposer des filières directement accessibles indépendamment du nombre des étudiants sourds qui y seraient inscrits.
Propositions de mesures :
Sélection de quelques sites universitaires pour une mise en accessibilité exemplaire (interprétariat LSF, transcription écrite, codage et boucle magnétique) de leurs filières, puis programmation de la généralisation de ces expérimentations (+ impact métiers).
Déclinaison du site "Handi-U" pour les écoles sous tutelle des ministères autres que celles gérées par le Ministère de l’Enseignement Supérieur (ex : Ministère de la Culture, ministère de la Défense).
Identification et évaluation des missions des accompagnants individuels qui inclut les preneurs de note.
Sensibilisation systématique du corps enseignant à la notion de la surdité et de la diversité des publics ainsi qu’aux modalités d’accueil.
Accessibilité des services de communication : sites Internet des écoles et services administratifs pour permettre aux étudiants un accès à toutes les informations utiles, tout en facilitant les contacts téléphoniques et les démarches administratives (ex : inscriptions).
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