VIE PROFESSIONNELLE
15% de la population active, sourde ou malentendante est au chômage
Aujourd’hui les personnes sourdes ou malentendantes rencontrent de grandes difficultés dans leur vie professionnelle : difficulté à être recrutée dans un poste, difficulté ensuite à garder son emploi. Sur 1,1 million de sourds et malentendants dans la population active, environ 15% est au chômage (source AGEFIPH). Au-delà de la seule accessibilité des conditions de travail, encore trop souvent absente en particulier dans les PME, la surdité reste un obstacle au quotidien pour les relations professionnelles et l’intégration à la vie de l’entreprise. Les possibilités de formation, de promotion sont réduites par rapport à la population générale. Enfin les personnes malentendantes ou devenant sourdes adoptent souvent une stratégie de repli, refusent de faire connaître leur handicap – en particulier dans la crainte qu’il entraine un licenciement ou une mise à l’écart – et de ce fait, n’accèdent pas aux dispositifs d’aides et d’accessibilité qui pourraient leur être proposés.
Pour autant, le dispositif d’accessibilité en entreprise s’est fortement développé ces dernières années pour donner un accès aux réunions, aux entretiens hiérarchiques et aux formations. Outre notre conviction que les centres relais téléphoniques sauront y apporter une réponse complémentaire et de qualité, il nous importe que l’ensemble des aménagements de poste soit autrement pensé et que l’articulation du dispositif commun de compensation avec les aides apportées par l’AGEFIPH ou le FIPHFP gagne en cohérence.
L’étude de l’ARCEP sur l’évaluation des besoins des personnes sourdes ou malentendantes en matière d’accessibilité des services téléphoniques et rendue publique le 7 janvier 2011 doit être une base de référence pour les futurs travaux.
Propositions de mesures :
Chantier de définition de l’aménagement de poste et de l’accessibilité des conditions de travail pour un salarié ou un agent sourd ou malentendant, avec les associations représentatives, l’AGEFIPH, le FIPHFP, la CNSA et le ministère du Travail.
Mise en accessibilité des services de Pôle Emploi.
Développement des campagnes de sensibilisation et de formation dans le cadre des entreprises, administrations, médecines du travail et instances représentatives du personnel (mobilisation des organismes de formation prestataires pour faire parfaitement connaître les problématiques liées aux surdités). Information à l’attention des salariés sur les avantages de la reconnaissance de travailleur handicapé.
Déclinaison des besoins des salariés sourds ou malentendants dans les textes d’application de l’aménagement de postes de travail, en intégrant les nouvelles technologies.
Étude de l’impact sur la vie professionnelle et la formation professionnelle des services d’accessibilité, notamment à distance et téléphonique, et programmation de leur déploiement en tenant compte, entre autres, de l’accessibilité des visioconférences et des conférences téléphoniques.
Étude sur les discriminations éventuellement subies par les salariés ou agents sourds ou malentendants, ou candidats à un poste.
Santé publique : Établissement de règles de prévention des risques de surdité professionnelle et précisions des conditions de reconnaissance de la surdité maladie professionnelle + Étude sur l’acoustique en milieu professionnel et renforcement de la réglementation + dépistage régulier des troubles de l’audition lors de la vie professionnelle.
Fiche suivante
Fiche précédente
Retour à la plateforme