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Les atteintes auditives dues aux conditions habituelles de travail réunies sous le terme de surdités professionnelles sont en majeure partie d’origine traumatosonore. Les surdités professionnelles d’origine dysbarique (dues à des variations de pression) sont des éventualités peu fréquentes au regard des surdités traumatosonores.

1 – La surdité professionnelle traumatosonore est inscrite au tableau 42 des maladies professionnelles. Elle est due à une exposition chronique au bruit. C’est une surdité de l’oreille interne par lésion de l’organe neurosensoriel de la cochlée, elle est bilatérale et irréversible. Le danger existe si l’on reste huit heures par jour dans un bruit de plus de 85 dB. Et dans bien des usines le bruit des ateliers dépasse 100 dB. C’est le cas des travaux sur métaux (chaudronnerie, forge, tôlerie, laminage), des travaux de verrerie, du tissage (usines textiles à navettes battantes), de l’industrie du bois, des moteurs d’avions et des marteaux pneumatiques. Chez les sujets exposés, la surdité professionnelle s’installe par paliers successifs. Plusieurs facteurs interviennent dans sa survenue, les plus importants étant le niveau sonore, l’âge, la durée d’exposition au bruit, la susceptibilité individuelle (certains supportent sans dommage des ambiances qui causent chez d’autres de sérieux handicaps dès les années d’apprentissage) et la pathologie préexistante.

Les entreprises où certains postes sont connus pour être bruyants doivent pratiquer le contrôle régulier de l’audition. La prévention médicale vise à dépister précocément les lésions au stade de latence (encoche de 30 dB sur la fréquence 4000 Hz)

– La visite d’embauche devrait idéalement éliminer des professions bruyantes ou tout au moins repérer pour une surveillance attentive les sujets à risque d’atteinte auditive. Les notions d’âge, d’affections auriculaires antérieures ou actuelles, de surdité familiale sont précisées par l’interrogatoire et l’examen clinique qui devraient toujours être complétés par un bilan audiométrique. La susceptibilité individuelle au bruit ne peut en fait être jugée que par la surveillance des ouvriers lors des premiers mois de service.


– La surveillance régulière de l’audition
des sujets exposés au bruit devrait être systématique. Le médecin du travail doit faire pratiquer, selon le niveau d’intensité sonore mesuré dans l’atelier, des audiogrammes tous les deux ou trois ans et même chaque année à partir de 100 dB. Il serait souhaitable que ce rythme puisse encore être augmenté chez les jeunes embauchés et les sujets de plus de 55 ans qui sont particulièrement exposés. Il devrait l’être également pour dépister et confirmer une susceptibilité particulière. Il faut insister à ce sujet sur la nécessité d’une surveillance étroite des jeunes et des apprentis. Au moindre signe auditif (baisse d’audition, vertiges, acouphènes), un examen complet doit être pratiqué, et éventuellement un changement de poste envisagé. Dans ce domaine, la prévention technique est capitale mais coûteuse. Elle passe par une meilleure qualité acoustique des machines et des ateliers, la protection individuelle des ouvriers (casques, boules dans les oreilles,…).

2 – Les surdités professionnelles d’origine dysbarique :

Elles sont beaucoup moins fréquentes et se rencontrent en médecine aéronautique, subaquatique et hyperbare, tant dans le domaine civil que militaire. La sélection dans ces professions est rigoureuse lors de la visite d’aptitude aux emplois du personnel navigant, sous-marinier, de plongée ou travaillant en milieu hyperbare . Sont en particulier écartés les sujets présentant une atteinte vestibulaire, une fragilité cochléaire, une pathologie auriculaire ou tubaire.

La surveillance est périodique et obligatoire : le rythme et les modalités sont fixés par des textes précis.

Références : – CONRAUX C. Surdités professionnelles. Revue du Praticien, vol 40, Nƒ19, septembre 1990. – DUCLOS J.C., PROST G. Les surdités professionnelles. Revue du Praticien, tome 5, Nƒ130, 11 mars 1991. – PIALOUX P. Les surdités professionnelles.

Revue du Praticien, vol 37, Nƒ35, juin 1987.

Synthèse documentaire réalisée par Marie-Christine SUBTIL, dans un but informatif.