Diagnostic

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Le terme de surdité, utilisé pour désigner toute baisse auditive, ne préjuge en rien de l’importance de la chute auditive, ni du degré du handicap. Si l’atteinte est tout à fait évidente lorsqu’elle est importante, bilatérale et récente, elle peut rester très inapparente, si elle est modérée, unilatérale et ancienne. Affirmer un trouble auditif nécessite donc une enquête rigoureuse associée à des examens spécialisés afin de déterminer l’importance de la perte auditive, la topographie de l’atteinte et son étiologie.


1 – Interrogatoire et examen clinique :

La première étape du diagnostic consistera en un interrogatoire complet du patient et de son entourage. Il portera sur : – le mode d’installation de la surdité : survenue brutale ou progressive de la baisse de l’acuité auditive, l’ancienneté et le caractère permanent ou non du trouble, – l’unilatéralité ou la bilatéralité de l’atteinte, – l’évolution dans le temps, l’augmentation récente, – les signes d’accompagnement : otologiques (douleur ou écoulement au niveau de l’oreille, acouphènes, vertiges,…), neurologiques ou généraux (associés à une autre maladie), – les antécédents personnels (traumatismes, prise médicamenteuse, pathologie infantile) et familiaux (autres cas de surdités dans la famille) – ses conséquences sur la vie courante. L’examen clinique sera complété par une recherche d’éventuels signes associés : vertiges, signes oculaires, atteinte neurologique,…

2 – Otoscopie :

Cet examen permet de vérifier s’il n’existe pas de bouchon de cérumen ou de corps étranger dans le conduit auditif externe. L’examen du tympan permet de diagnostiquer otites ou perforations.

3 – Examen de l’audition :

3.1 – L’étude de l’audition débute par un examen au diapason. Cet examen permet dans un grand nombre de cas de préciser le type de surdité (transmission, perception ou mixte), en comparant l’audition par voie aérienne et par voie osseuse. 3.2 – L’audiométrie : cet examen est pratiqué dans un lieu insonore (cabine audiométrique). Il permet de confirmer le type de surdité et d’en préciser l’importance. Indolore, il dure environ une demi-heure et nécessite la collaboration du patient. – L’audiométrie tonale : un casque avec deux écouteurs est placé sur les oreilles, chacune étant testée séparément. Des sons purs sont adressés dans chaque écouteur. On teste en général les fréquences 125, 250, 500, 1000, 2000, 3000, 4000, 8000 Hertz et l’on augmente progressivement l’intensité sonore envoyée de 5 en 5 décibels. On demande à la personne de signaler à quelle intensité elle commence à percevoir le son : c’est le seuil auditif pour chaque fréquence en conduction aérienne. Puis dans un deuxième temps, on place un vibreur sur la mastoïde, ce qui permet l’envoi de fréquences de 250 à 4000 Hertz, et on procède de la même façon. On définit alors le seuil auditif en conduction osseuse. Ce test juge l’état de l’oreille interne ou du nerf auditif. – L’audiométrie vocale teste la compréhension des mots et du langage. On demande à la personne de répéter une liste de mots mono- ou dissyllabiques qu’elle entend à l’aide d’un casque, en faisant varier l’intensité sonore. Pour chaque intensité, on calcule le pourcentage de bonnes réponses. 3.3 – Dans certains cas particuliers, d’autres examens peuvent être pratiqués : – l’impédancemétrie : un impédancemètre permet d’étudier l’état d’équilibre de la membrane tympanique et les pressions s’exerçant à l’intérieur et à l’extérieur de cette membrane. Ce premier temps de l’examen est appelé tympanométrie. Le deuxième temps est la mesure des réflexes stapédiens. – les potentiels évoqués auditifs permettent d’étudier la transmission de l’influx nerveux. Ils dépistent les pathologies rétrocochléaires. – les oto-émissions acoustiques : les oto-émissions provoquées sont des vibrations sonores physiologiques émises par la cochlée à une stimulation sonore. Elles reposent sur l’activité des cellules ciliées externes. La présence d’oto-émissions provoquées permet de conclure à l’intégrité de la cochlée.

4- Explorations radiologiques et imagerie :

– les clichés radiologiques ont perdu de leur intérêt depuis l’apparition du scanner. – le scanner (ou tomodensitométrie).: c’est actuellement l’examen le plus répandu. Grâce à cette technique, une parfaite connaissance des structures osseuses de l’oreille moyenne et du rocher a pu être acquise. Il est utile pour apprécier la morphologie du rocher et la présence de tissus ou de liquide dans l’oreille moyenne. Cet examen fait désormais partie de tout bilan avant une décision chirurgicale. – l’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) : elle se montre très utile dans toute la pathologie de l’oreille (inflammations chroniques de l’oreille moyenne, tumeurs de l’oreille moyenne ou rétrocochléaires) en explorant les tissus mous des voies auditives. Elle permet le dépistage précoce de lésions siégeant sur le trajet des voies nerveuses auditives, tels le neurinome de l’acoustique, les tumeurs de l’angle ponto-cérébelleux,… IRM et scanner peuvent être associés pour le diagnostic de certaines anomalies vasculaires.

Conclusion :

Après l’interrogatoire et l’examen du tympan, l’audiométrie tonale permet de localiser l’atteinte de l’audition au niveau de l’oreille moyenne ou de l’oreille interne et des voies auditives. Son résultat guidera la poursuite des examens de la fonction auditive, vers des techniques plus spécialisées et vers l’imagerie par scanner et/ou IRM.


Références :

SOUDANT J. Maladies de l’oreille, p.2589. in : Traité de Médecine .GODEAU P., HERSON S., PIETTE J.C. 3ème édition, Médecine-Sciences. Flammarion, 1996. STERKERS O. Surdité : orientation diagnostique. Revue du Praticien, 1992, Vol. 42, Nƒ7.

Synthèse documentaire réalisée par Marie-Christine SUBTIL, dans un but informatif.