Motion de l’assemblée générale de l’Unisda

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L’idée de citoyenneté implique plusieurs approches qui, accessoirement, ont été transmutées tout au long de l’histoire humaine. La démocratie grecque, qui s’est matérialisée à Agora par la participation directe des citoyens, était en fait exercée par une minorité marquée d’habitants, puisque seuls les hommes grecs libres y avaient droit. Les femmes, les esclaves et les étrangers représentaient dix fois le nombre de ceux qui ont voté.

En tout cas, la graine a été semée et la construction de cette idée a suivi l’évolution de la civilisation. L’exercice des pouvoirs politiques, la possibilité de voter et d’être voté, les libertés individuelles et la condition de récipiendaire des actions de l’État, en vue de mettre en œuvre la dignité de la personne, sont les éléments qui nourrissent le concept complexe de citoyenneté.

Au début de l’ère moderne, le concept de citoyenneté comme opposition à l’État a été établi; des libertés fondamentales ont été forgées, ainsi que les limites de ses actions pour que ces libertés puissent se matérialiser; la prédominance de la volonté de la majorité et la primauté de l’égalité de tous devant la loi étaient également établies.

Si les réalisations énumérées ci-dessus, à partir de la Révolution française de 1789, ont permis de consolider le concept de citoyenneté dont nous parlons, elles ne suffisaient pas, car il a été constaté que la simple déclaration formelle des libertés dans les documents et la législation s’effondrait, effondré, face à l’exclusion économique inexorable de la majorité de la population. Il s’agissait alors, déjà au XIXe siècle, de rechercher les droits sociaux comme des actions étatiques qui compensent ces inégalités, en offrant aux défavorisés des droits mis en œuvre et construits collectivement, en faveur de la santé, de l’éducation, du logement, du travail, des loisirs et de la culture pour tous. .

Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale, cependant, que l’affirmation de la citoyenneté a été achevée, puisque ce n’est qu’alors que se réalise le besoin d’apprécier la volonté de la majorité, en respectant avant tout les minorités, leurs besoins et leurs particularités. En d’autres termes, il a été clairement vérifié que la majorité peut être si oppressive qu’elle porte légitimement le nazisme ou le fascisme au pouvoir. Pour que cela ne se répète pas dans l’histoire, il était urgent de créer des garanties au profit de toutes les minorités, car la somme de ces garanties confère légitimité et authenticité à cette minorité.