http://www.unisda.org | Détresse psychologique : conférence de l’Unisda à Marseille le 6 mars 2010

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PSYCHOTHÉRAPIE AVEC LES PERSONNES SORTES: L’IMPORTANCE DE LA LANGUE DES SIGNES

Commencer une psychothérapie suppose une contribution très importante du patient: décider de téléphoner pour organiser le premier entretien est souvent une source d’angoisse et même le premier entretien lui-même peut être vécu avec embarras (Porter, 1999). Ces sentiments d’inconfort peuvent être encore plus accentués chez les personnes sourdes qui, en plus des difficultés personnelles ou relationnelles, ont du mal à maintenir une communication «libre».

Tout sourd en état d’inconfort doit être accueilli et compris, quel que soit le préjugé fréquent pour lequel, connaissant la surdité, on peut aussi connaître le sourd: il est un étranger, dans les mêmes termes que toute personne qui s’adresse à un psychothérapeute (Bosco, 2015). Les personnes sourdes peuvent communiquer de différentes manières, que l’on peut qualifier de continuum dont les extrêmes sont représentés, d’une part, par l’usage exclusif de la langue parlée et, d’autre part, par l’usage privilégié de la langue des signes italienne (LIS )

(Bosco, Mancini, D’Agosta, 2011); à travers le mot ou le signe, le patient est invité à explorer les problèmes émotionnels et relationnels sources de souffrance et confronté à une grande opportunité de croissance et de compréhension de lui-même et de ses manières de donner du sens à la réalité (Porter, 1999). Mais comment créer un contexte de communication facile pour les personnes sourdes?

Un élément fondamental est que l’équipe dans laquelle le thérapeute travaille est capable de communiquer facilement, également en utilisant le LIS, puisque la signature des sourds évalue positivement l’utilisation des signes par les malentendants, au-delà de la maîtrise plus ou moins grande de la notation (Young, Ackerman, Kyle, 2000). La disponibilité du temps est également un facteur fondamental dans la construction d’un environnement dans lequel les personnes sourdes peuvent se sentir à l’aise, à la fois lors des premiers contacts et lors des réunions ultérieures.

Il est nécessaire de prévoir un temps suffisant, plus large que les 45 à 50 minutes habituellement consacrées aux patients entendants, et il convient également de prévoir le temps nécessaire à un rapport écrit, à rédiger immédiatement après la réunion; il est important d’éviter de perdre le contact visuel et de briser la marque pour prendre des notes (Glickman, 2009).

Le choix d’utiliser la langue préférée de la personne sourde représente la clé pour accéder à la relation, quelle que soit l’approche thérapeutique à suivre: l’importance d’un mode de communication adéquat est en fait démontrée par les témoignages d’erreurs d’interprétation, de malentendus et de diagnostics erronés par des équipes non expérimentées dans le traitement des personnes sourdes (Cole, Zdanowicz, 2010).