Stokoe fut le premier

0

Ce n’est que grâce aux recherches du linguiste américain William Stokoe, dans les années soixante du siècle dernier et, par la suite, à celles menées par l’Institut de psychologie du CNR à Rome [17] à la fin des années soixante-dix, qu’un l’intérêt pour les langues des signes (Ls) [18], qui, après une enquête scientifique complexe, a obtenu le statut de langues tout court [19].

Stokoe fut le premier à se rendre compte qu’il n’était pas en présence d’un complexe désordonné de gestes, mais d’un langage réel avec un lexique, une morphologie et une syntaxe, par rapport auxquels il identifiait une articulation en paramètres (correspondant au articulation des langages vocaux), à partir de la combinaison desquelles il est possible de créer un nombre infini de signes.

L’identification et la description de ces caractéristiques linguistiques et la reconnaissance du fait que les enfants sourds exposés à un langage visuel-gestuel – qui utilise pour eux le canal de communication intact, la vue

– l’acquièrent spontanément, avec les mêmes temps et les mêmes modalités avec lesquels entendre les enfants apprendre une langue vocale, permet d’affirmer que les langues des signes sont en tous points des langues distinctes des idiomes parlés uniquement pour la modalité de transmission.

La découverte du «linguistique» des Ls a contribué de manière significative à repenser la condition de surdité [20]. Ça suit:

sur le plan lexical, la revendication du terme sourd, qui ne décrit plus «ce qui manque» – ou ce que les sourds pourraient récupérer, grâce à un processus de rééducation (orthophonie, prothèses) – mais simplement ce qu’ils sont;

d’un point de vue identitaire, la naissance et la consolidation d’une nouvelle prise de conscience qui a conduit de nombreux sourds – et précisément ceux qui utilisent (aussi) un ou plusieurs L, qu’ils possèdent une bonne compétence même dans un ou plusieurs langues vocales – se sentir partie d’une communauté et d’une culture déterminées (sourd): se percevoir, en fin de compte, comme une minorité linguistique et culturelle.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here