http://www.unisda.org | Allô je vois ! Congrès de l’Unisda le 23 janvier 2009 à Paris

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Le choix du type de rééducation auditive dépend de la gravité de la surdité neurosensorielle du patient. La perte auditive est divisée en 4 niveaux: légère, moyenne, sévère et profonde. Si les deux premiers peuvent être gérés grâce à des aides auditives, des implants cochléaires sont utilisés pour les autres, après avoir démontré l’inefficacité de l’aide auditive.

Communément appelé oreille bionique, l’implant cochléaire est une prothèse auditive capable de remplacer complètement la fonction de la cochlée, organe de l’oreille interne chargé de convertir les ondes sonores en impulsions électriques destinées aux voies auditives.

L’implant cochléaire se compose d’un composant interne et d’un composant externe. Le composant interne est à son tour composé d’un fil métallique très fin avec diverses électrodes qui est inséré dans la cochlée du patient, et d’un aimant qui est positionné sous la peau, au-dessus de l’oreillette. Le composant externe est représenté par un processeur vocal, similaire à une prothèse auditive, et un deuxième aimant.

Le processeur de langage est un appareil sophistiqué qui reçoit des informations sonores de l’environnement, les numérise, les traite selon les instructions avec lesquelles il a été programmé et les transmet au composant interne via un système de communication radiofréquence.

Le couplage entre les deux composants (externe et interne) se fait à travers la peau intacte par couplage entre l’aimant interne et externe. L’implant cochléaire est indiqué chez tous les patients souffrant de surdité profonde bilatérale, présente dès la naissance ou acquise au cours de la vie, auxquels les appareils auditifs ne peuvent garantir un accès adéquat au monde des sons.

Un enfant atteint de surdité profonde qui ne reçoit pas d’implant cochléaire n’aura probablement pas un canal de communication auditif-verbal adéquat et, par conséquent, ne développant pas un langage adéquat, devra adopter différentes stratégies de communication, telles que la communication gestuelle en langue des signes.

La chirurgie sous anesthésie générale est réalisée par un spécialiste en oto-rhino-laryngologie ayant une expérience avérée en microchirurgie de l’oreille dans le domaine pédiatrique. Il fournit une petite coupure derrière l’oreille, à travers laquelle il est possible pour le chirurgien d’accéder à l’oreille interne (cochlée) pour positionner le fil porte-électrode.

L’aimant interne est logé sous la peau de la région pariétale. Une fois la plaie chirurgicale guérie (environ 10 à 15 jours après la chirurgie), il n’y a aucun signe de chirurgie visible à l’extérieur et l’enfant peut reprendre toutes les activités quotidiennes normales, y compris les activités aquatiques. Il n’y a pas de limite d’âge inférieure pour la pose d’un implant cochléaire.

Une fois le diagnostic de surdité établi et les tests nécessaires effectués, en l’absence de contre-indications, l’implant cochléaire peut être réalisé avant même que l’enfant n’ait un an; en général, la fenêtre de temps entre 12 et 18 mois de vie est considérée comme idéale, lorsque la plasticité cérébrale est maximale, c’est-à-dire la capacité du cerveau à s’adapter et à changer lorsque des stimuli sonores arrivent.

L’implant cochléaire a représenté une révolution dans la thérapie de la surdité neurosensorielle profonde, tant chez les patients adultes qui ont perdu l’audition au cours de leur vie que chez les enfants nés sourds.

En déterminant la restauration totale de l’audition, l’implant cochléaire donne au jeune patient la possibilité d’accéder à toutes les informations sonores environnementales nécessaires au bon développement de l’audition et du langage. Cela permet à l’enfant de s’intégrer pleinement dans le monde de l’audition.